L’enlèvement (1/7)
- March 31st, 2010
- By naoul
- Allô papa ?
- Alors, quels sont ces résultats tant attendus ?
- J’ai eu 15.
- Bravo ma chérie, je suis très fier de toi, mais je dois admettre que ce n’était pas une surprise, je m’attendais à ce que tu obtiennes de tels résultats.
- Tu te rappelles ce que tu m’as promis ?
- Une glace par point au dessus de la moyenne ? C’est bien ça ?
- N’essaie pas de m’entourlouper, on avait dit 2 glaces ! Plus sérieusement, je te parle des vacances…
- À ce propos… Ce soir, nous devrons en parler. Je sais que tu risques de m’en vouloir, mais il a été convenu avec ta mère que tu assistes à son mariage dans le Sud.
- Non, vous ne pouvez pas me faire ça, je suis censée partir avec Élodie.
- Rentre à la maison pour qu’on puisse en discuter plus calmement.
- ….
Léa raccrocha sans dire au revoir. Elle savait de qui tenir ce tempérament impulsif et borné, mais face à son père jamais elle ne s’était opposée. Peu de filles pouvaient se vanter d’être aussi jolie. Sa taille avait toujours stupéfait les garçons de son âge. Elle ne mesurait pas moins d’un mètre soixante-dix avec un tour de taille que la reine Marie-Antoinette aurait envié. D’un blond étincelant sa chevelure était, selon ses dires, un atout de taille. Néanmoins, sa principale qualité était d’être à l’aise en société puisqu’elle pouvait sans lasser son auditoire parler de choses futiles comme le temps qu’il ferait le lendemain.
Suite à la conversation conflictuelle avec son père, elle se dirigea vers l’arrêt de bus de la ligne 84 qu’elle empruntait tous les jours. Elle était triste, elle qui songeait partir en Chine avec sa meilleure amie, Élodie. Cela faisait des mois qu’elles pensaient à leur voyage. Au début, son père ne s’y opposait pas, il demandait juste en retour de bons résultats au bac. À présent, elle doutait de la sincérité de sa promesse, qui, le temps d’une conversation téléphonique, s’était envolée. Elle avait travaillé très dur cette année, passant le plus clair de son temps libre à la bibliothèque et effectuant des semaines de stages durant les vacances, pour pouvoir mériter ses vacances. D’autre part, les deux jeunes filles avaient passé de nombreuses heures à organiser ce voyage. Observer ces visages si différents, apprendre quelques mots de cette langue, goûter aux subtilités et aux saveurs de sa cuisine, découvrir l’architecture traditionnelle chinoise, et tant d’autres choses faisaient de la Chine un pays fascinant à leurs yeux.
Encore quatre stations avant de sortir.
Cette année avait été forte en émotion pour Léa ; l’accident vasculaire de sa mère avait rendu tout contact très difficile avec les autres. Le coma dans lequel elle avait sombré, avait été particulièrement éprouvant. Depuis quelques jours cependant, son réveil avait été une bénédiction pour la jeune adolescente. Seule ombre au tableau, le mariage précipité que son futur beau-père détesté avait mis sur pied l’empêcherait de partir en voyage.




