L’enlèvement (7/7)
- May 12th, 2010
- By naoul
Les sbires du leader de la mafia étaient presque arrivés à la planque quand ils entendirent une explosion brève mais puissante qui s’échappa du bureau de leur chef. Ils accélérèrent le pas et virent un homme se précipiter vers la fenêtre la plus proche. Abasourdis ils mirent quelques secondes à dégainer. Quelques secondes suffisantes pour laisser s’échapper Aymeric, qui traversa la vitre dans un fracas tonitruant. Sans un regard, Aymeric fit un vol plané digne des plus grands champions de deltaplane. Dans sa chute, il eut la présence d’esprit de sortir son téléphone portable pour enclencher le compte à rebours de la bombe. Il eut juste le temps d’entendre une fantastique explosion avant de s’écraser lamentablement sur la route. Il entendait des sons lointains comme si son esprit quittait peu à peu son corps. Les pulsations de son cœur se faisaient plus intenses et chacune d’entre elle devenait peu à peu plus douloureuse. Il ne sentit plus rien.
Aymeric ouvrit les yeux. Il était allongé dans un lit d’une chambre insipide. « Un hôpital sans aucun doute », se dit-il. Plusieurs fils partaient de son bras droit et étaient reliés à une poche remplie d’un liquide transparent. « Hé ho », cria-t-il, mais aucun son ne sorti de sa bouche. Il venait de reconnaître par la fenêtre le drapeau français flottant sur un bâtiment officiel. « Impossible », s’écria-t-il. Un homme entra dans sa chambre. Il était de taille moyenne, mais de corpulence impressionnante. Sa démarche inspirait le respect et il avait cette expression dans le visage qui passait pour de la détermination et de la rigueur. Aymeric fut surpris d’être autant impressionné par cet inconnu. Avant qu’il n’ait eu le temps d’ouvrir la bouche, l’homme se présenta.
- Commandant Yves Plaindoux à votre service. On vous a rapatrié d’urgence il y a trois jours. Vous êtes resté dans le coma durant tout ce temps.
- Comment ça vous m’avez rapatrié ? Êtes-vous fou ? Je dois retrouver ma fille ! Elle s’est fait kidnappé en Chine. Il faut impérativement que j’y retourne, s’énerva t-il.
- Votre fille ? Négatif mon général. Elle se trouve actuellement dans nos locaux.
- Pardon ? Que venez-vous de dire ? Vous devez faire erreur ! J’ai vu Honubo Mizushi l’autre jour. Ses complices l’ont enlevée !
Son état l’empêchait de se hisser hors de son lit. De toute façon, il était en France. Elle était perdue à l’heure actuelle.
Il sentit son cœur vaciller. Une apparition lui illumina le visage. Une jeune fille splendide se tenait dans l’embrasure de la porte. Le blond de ses cheveux reflétait parfaitement la lumière du jour naissante. « Un ange », se dit Aymeric. L’ange se précipita alors dans ses bras en criant « Papa ! ».
- Comment se fait-il que tu sois là ? Je dois rêver !
- Tout est de ma faute papa. Je suis tellement désolée. Je n’aurais pas dû partir, sanglota-t-elle.
- Comment ça partir ? Où étais-tu ?
- J’ai voulu me venger parce que tu avais annulé mon voyage. Je voulais que tu t’inquiètes, pleura-t-elle. Je suis partie quelques jours chez mon petit copain.
- J’ai traversé toute la terre à la recherche d’une fille qui avait fait sa gamine en partant chez son copain ? Tu plaisantes ?
- Si tu savais comme je m’en veux.
- Mais attends. Et l’Asiatique qui te suivait ? Qu’est-ce qu’il est devenu ?
- Ah celui-là ? Il voulait juste me demander son chemin. Je n’aurais pas dû jouer avec toi comme ça.
- Tu sais ce que tu feras la prochaine fois que tu auras des problèmes ?
- Non ?
- Tu te débrouilleras !